Pendant longtemps, s’auto-héberger impliquait de passer ses nuits dans un terminal pour configurer des certificats SSL, des reverse-proxys et des pipelines CI/CD.
Les plateformes comme Vercel ou Heroku ont réglé ce problème de complexité, mais la facture explose dès que le trafic augmente.
Aujourd’hui, il existe une alternative performante. Coolify est un PaaS (Platform as a Service) open-source. Vous l’installez sur un VPS à 5 € et vous obtenez une interface web proche de celle de Vercel. Vous pouvez y déployer vos applications web en connectant votre compte GitHub.
Ce guide rassemble nos ressources pour vous aider à maîtriser Coolify.
1. Pourquoi choisir Coolify
Quitter Vercel demande un effort initial. L’intérêt principal réside dans la baisse drastique des coûts et la suppression des limites logicielles.
Sur Vercel, vous subissez des timeouts de requêtes (souvent limités à 10 secondes) et des restrictions sur les tâches de fond. Sur Coolify, la machine vous appartient. Vous n’avez pas de limites artificielles.
Pour une analyse financière détaillée, lisez notre comparatif : Vercel vs Coolify : Pourquoi j’ai choisi l’auto-hébergement.
2. Installation et prise en main
Installer Coolify demande environ 5 minutes. Une seule commande bash suffit, à condition d’avoir un serveur sain.
Nous avons rédigé un tutoriel qui couvre tout le processus, de l’achat du VPS à la première connexion sur l’interface de Coolify. Suivre le guide : Comment installer Coolify sur un VPS Hostinger (Le Guide Complet).
3. Gestion des domaines et du HTTPS
Coolify gère automatiquement le reverse proxy via Traefik.
Vous pouvez déployer 10 applications sur le même serveur. Coolify associe app1.mondomaine.fr au port 3000, app2.mondomaine.fr au port 8080, et génère un certificat HTTPS via Let’s Encrypt pour chacun.
Cela demande toutefois de bien configurer vos zones DNS au préalable. Lisez notre tutoriel : Coolify : Gérer vos domaines, DNS et certificats SSL sur un seul VPS.
Si vous hébergez un site statique (comme Astro), vous pouvez combiner cette architecture avec Cloudflare. Tutoriel : Optimiser son blog Astro avec le CDN Cloudflare.
4. Déployer des services préconfigurés
Coolify ne sert pas qu’à héberger votre code. Il propose un catalogue de templates Docker prêts à être lancés.
Vous pouvez déployer une base PostgreSQL, Redis, WordPress ou Ghost en un clic.
Quelques outils utiles à déployer via Coolify :
- Un outil d’analytics respectueux de la vie privée : Déployer Umami sur Coolify
- Un système d’automatisation : Tutoriel n8n : L’alternative open-source à Zapier
5. Maintenir son infrastructure
Votre serveur a besoin d’un minimum de maintenance. Coolify met à jour ses conteneurs, mais vous devez surveiller la machine sous-jacente.
- Monitoring : Installez Uptime Kuma pour recevoir une alerte Discord ou email si un service tombe.
- Backups : Configurez des sauvegardes automatiques vers S3 pour vos bases PostgreSQL. Si le VPS lâche, vous perdez tout sans sauvegardes externalisées.
- Mises à jour Coolify : Faites-les régulièrement depuis l’interface (
Settings > Updates) pour appliquer les correctifs de sécurité.
Pour creuser le sujet : Le Guide Ultime de l’Auto-Hébergement sur VPS en 2026
Coolify vs Vercel vs Heroku
| Critère | Vercel | Heroku | Coolify (Self-hosted) |
|---|---|---|---|
| Prix | Gratuit limité / 20 $/mois Pro | Plus de plan gratuit / 5-7 $/mois | Coût du VPS (~5 €) |
| Facilité de déploiement | Excellente | Bonne | Bonne |
| Timeout requête | 10s (Pro : 60s) | 30s | Aucun |
| Bases de données | Via partenaires | PostgreSQL intégré | PostgreSQL, MySQL, Redis, MongoDB… |
| Contrôle des données | Chez Vercel | Chez Salesforce | 100% sur votre machine |
| Custom domains | Inclus | Inclus | Inclus |
| SSL automatique | Inclus | Inclus | Via Let’s Encrypt |
| Background jobs | Limités | Limités | Sans limite |
| Scaling horizontal | Automatique | Automatique | Manuel |
| Open-source | Non | Non | Oui |
Coolify convient bien aux développeurs indépendants et aux petites startups qui cherchent de bonnes performances à bas coût. Vercel reste pertinent si vous avez besoin d’un scaling automatique instantané ou d’une infrastructure serverless mondiale.
Migration depuis Vercel
Pour migrer sans coupure, suivez cet ordre :
- Préparez le VPS : Guide sécurisation
- Installez Coolify : Guide installation
- Configurez le DNS : Pointez un sous-domaine de test vers le VPS. Guide DNS
- Déployez en parallèle : Connectez GitHub à Coolify et déployez sur le sous-domaine.
- Testez : Vérifiez la base de données, les emails et les webhooks pendant quelques jours.
- Basculez : Changez le record A de votre domaine principal vers l’IP du VPS.
- Résiliez Vercel : Attendez la propagation DNS complète avant de couper l’ancien hébergement.
Questions fréquentes
Coolify est-il vraiment gratuit ? Le logiciel est gratuit et open-source. Vous payez uniquement la location de votre VPS. Il existe aussi une version cloud payante si vous ne voulez pas gérer le serveur.
Combien de projets sur un VPS ? Ça dépend de votre RAM. Sur un VPS avec 4 Go de RAM, vous pouvez faire tourner 5 à 10 petites applications. Coolify lui-même consomme environ 500 Mo de RAM.
Support des monorepos ? Oui. Coolify permet de spécifier le répertoire de build pour chaque application d’un monorepo.
Et si le VPS redémarre ?
Docker est configuré pour relancer les conteneurs au démarrage (restart: always). Vos applications repartent toutes seules.
GitLab et Bitbucket ? Ils sont supportés, tout comme GitHub. Vous pouvez aussi déployer depuis une URL Git standard.
Retour d’expérience sur ma migration
Il y a six mois, ma facture d’hébergement dépassait les 80 € par mois pour trois projets Next.js en production. Je paie maintenant 7,50 € par mois chez Hetzner pour les mêmes charges de travail, plus quelques services annexes.
Les coûts réels de Vercel
Le plan Hobby de Vercel fait l’affaire pour des tests. En production, on passe vite au plan Pro à 20 $ par utilisateur et par mois. Ensuite, on ajoute la bande passante, les fonctions serverless et les minutes de CI.
Pour deux développeurs et trois projets, le calcul est rapide :
- 2 licences Pro : 40 $
- Bande passante supplémentaire : 15 à 25 $
- Fonctions serverless : 10 à 20 $
- Total : 65 à 85 $ par mois.
Vercel facture à l’usage. C’est un bon modèle pour eux. Si on ajoute une base de données chez Supabase ou PlanetScale, la facture grimpe encore.
Ce qu’est vraiment Coolify
Coolify est une plateforme open source d’auto-hébergement. En clair, c’est une alternative à Vercel que vous installez sur votre propre serveur. Une seule commande suffit pour l’installer, et l’interface permet de :
- Déployer du code depuis GitHub ou GitLab
- Gérer des bases de données PostgreSQL, MySQL, Redis ou MongoDB
- Obtenir des certificats SSL automatiques
- Lancer des services Docker en un clic
- Surveiller l’utilisation des ressources
Le logiciel ne coûte rien. Vous payez juste la location du serveur.
Notre configuration Hetzner
Nous avons pris un VPS CAX21 chez Hetzner (ARM, 4 vCPU, 8 Go RAM) à 7,49 € par mois. L’installation de Coolify s’est faite avec :
curl -fsSL https://cdn.coollabs.io/coolify/install.sh | bash
Après un redémarrage, on accède à l’interface sur le port 8000. Coolify gère ensuite Nginx et les certificats SSL automatiquement.
La migration
Migrer les trois projets Next.js a pris moins d’une journée. Coolify lit le package.json, identifie le framework et configure le déploiement. Nous avons aussi migré notre base PostgreSQL, économisant les 25 € mensuels de notre ancien fournisseur.
| Service | Vercel + Externe | Coolify sur VPS |
|---|---|---|
| Hébergement web (3 projets) | ~65 $ / mois | Inclus dans le VPS |
| Base PostgreSQL | ~25 € / mois | Inclus dans le VPS |
| Redis | ~10 € / mois | Inclus dans le VPS |
| Serveur VPS | 0 € | 7,49 € / mois |
| Total | ~90 € | ~7,50 € |
Les vrais inconvénients
L’auto-hébergement vient avec des contraintes.
Vous gérez les backups. Coolify propose des snapshots locaux, mais vous devez configurer l’envoi vers S3 ou Backblaze.
Il n’y a pas de cold starts. C’est bien pour la latence, mais vous devez dimensionner le serveur en prévision de votre trafic maximum. Le scaling manuel demande de l’anticipation.
Les preview deployments sont moins souples. Coolify sait les faire, mais configurer le système pour chaque Pull Request demande plus d’efforts manuels que sur Vercel.
La maintenance système. Vous devez appliquer les mises à jour de sécurité Ubuntu, monitorer l’espace disque et gérer les alertes. Coolify s’occupe de Docker, mais le système d’exploitation reste votre responsabilité.
Faut-il migrer ?
L’auto-hébergement avec Coolify a du sens si vous avez plusieurs projets en production nécessitant des bases de données. C’est aussi très pratique pour héberger des outils comme Plausible ou n8n sans payer d’abonnements supplémentaires. Vous devez juste connaître un minimum Linux et Docker.
Restez sur Vercel si vous n’avez qu’un petit projet qui rentre dans le plan gratuit. C’est aussi la meilleure option si vous travaillez en grande équipe, utilisez intensivement les preview deployments, ou si votre application nécessite une latence mondiale minimale via un réseau Edge.
Je pensais la migration plus risquée. Les outils Docker se sont beaucoup améliorés, et l’interface de Coolify permet à un développeur full-stack de s’en sortir sans être un expert DevOps.
Si vos factures d’hébergement dépassent 30 € par mois pour des petits SaaS ou des projets personnels, le passage sur VPS est vite rentabilisé.